La fabrique du discours politique est un territoire explosif de la conception-rédaction : la petite phrase est au slogan de lessive ce que le missile de croisière est au couteau de cuisine. Dans ce registre, les prises de paroles de Nicolas Hulot à l’entame de sa campagne montrent en quelques mots que cette fois, il y va aiguisé jusqu’au moindre argument. Des flèches plein le carquois, il décoche : « Je ne m’inscris pas en champion de l’écologie et je souhaite toujours avoir un peu d’espace pour mon incohérence », voici pour les contempteurs de ses liens avec les multinationales. “Il y a des gens qui naissent avec des convictions et des certitudes, moi dans beaucoup de domaines j’apprends, j’évolue », voilà pour les écolos de la première heure. “Je suis au-delà d’une candidature d’alerte et d’une campagne de témoignage”, pour ceux qui n’ont pas encore bien compris. « La contrainte écologique n’est pas une niche politique, l’écologie n’est pas une option, c’est la condition suprême à notre liberté et à notre survie”, pour mettre la super bonne ambiance chez toi, occidental gonflé au carbone. Convaincant ? On verra. Le casting des présidentielles fourbit ses têtes d’affiches et pour qui s’intéresse à l’écriture du débat contemporain, cette élection ne ressemblera assurément à aucune autre.
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